Un appel à l’engagement

Informations sur le message

  • Passages clés : Luc 6.20–26
  • Série : Luc (2025–2027), no 12
  • Date : dimanche 30 mars 2025 (matin)
  • Lieu : Central Baptist Church — Lawton, Oklahoma
  • Prédicateur : Jared Byrns

Texte

S’accrocher trop fort

Comme frère Jeff l’a mentionné dans sa prière, nous célébrerons bientôt Pâques. Nous célébrons la résurrection de Jésus chaque jour et nous nous réunissons le dimanche chaque semaine, car c’est le jour de sa résurrection. Une fois par an, cependant, nous célébrons également Pâques comme une fête spéciale. Certains d’entre vous et vos familles feront des choses comme teindre des œufs de Pâques.

C’est une tradition de mon enfance. On se réunissait en famille et on décorait des œufs de Pâques. Et puis, surtout quand on était petits, on partait à la chasse aux œufs.

Parfois, on ne se contentait pas de les teindre. On y collait des autocollants. On les peignait.

C’est devenu un processus très créatif. Du coup, certains œufs étaient toujours très recherchés au début de la chasse. On aimait peut-être l’autocollant sur un œuf ou sa décoration.

Alors, je veux cet œuf. Sans nommer personne, il peut arriver qu’un enfant trouve un œuf qu’un autre enfant convoite. « Il est à moi parce que je l’ai trouvé. »

« Il est à moi parce que je l’ai fait. » Je ne sais pas si vous avez déjà vu une dispute pour un œuf, mais les œufs ne sont pas particulièrement solides. Le fait qu’ils soient durs aide, mais si vous voulez en garder un et que quelqu’un essaie de vous le prendre, votre instinct est de le serrer plus fort.

Mais que se passe-t-il quand on le serre trop fort ? Ce n’est pas une question piège. Il se casse.

Certains d’entre vous ont eu peur de répondre. L’œuf se casse, et vous ne pouvez plus le garder. Une fois, j’ai cru être malin et j’ai caché l’œuf que je voulais dans un meilleur endroit pour que personne d’autre ne le trouve. Je comptais le récupérer plus tard.

On ne laisse pas des œufs dehors pendant des heures en Oklahoma. On ne peut pas les garder. On peut s’accrocher si fort à quelque chose pour ne pas le perdre qu’on finit par le perdre.

C’est ce que Jésus aborde dans Luc 6, alors que nous poursuivons notre étude de ce livre. Nous voici au chapitre 6.

Nous arrivons à ce que de nombreux biblistes appellent le Sermon sur la plaine. Il diffère du Sermon sur la montagne. Nous pourrons discuter plus tard des raisons qui justifient cette distinction.

La semaine dernière, nous avons vu Jésus se retirer de la foule, monter sur une montagne et appeler douze de ses disciples à devenir apôtres – un appel supplémentaire qui va au-delà du simple fait d’être disciple. Il les a mis à part, car il leur confierait une mission de trois ans afin qu’ils poursuivent son œuvre en tant qu’ambassadeurs.

C’est essentiellement le sens de ce mot : quelqu’un envoyé avec autorité pour parler et agir au nom d’un autre. Puis il est redescendu vers la foule, et c’est là que nous reprenons le chapitre 6 de Luc. Nous n’allons pas étudier l’intégralité du Sermon sur la montagne aujourd’hui. Nous allons examiner sa première partie, une version de ce que nous appelons les Béatitudes.

Luc rapporte : « Puis, se tournant vers ses disciples, il commença à dire : Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu est à vous ! Heureux vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés ! »

« Heureux vous qui pleurez maintenant, car vous rirez ! Heureux êtes-vous lorsqu’on vous hait, qu’on vous rejette, qu’on vous insulte et qu’on profère votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme ! Réjouissez-vous en ce jour-là et tressaillez d’allégresse, car voici, votre récompense est grande dans les cieux ! »

Car c’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes. Mais malheur à vous qui êtes riches, car vous recevez pleinement votre confort. Malheur à vous qui êtes rassasiés maintenant, car vous aurez faim.

Malheur à vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et les larmes. Malheur à vous lorsque tous les hommes parlent bien de vous, car c’est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes.

La première chose que nous remarquons, c’est que Jésus donne deux listes de caractéristiques qui se font écho. Il énumère quatre conditions et prononce une bénédiction sur ceux qui les subissent. Puis, il énonce quatre malheurs correspondants.

Et chacune de ces quatre conditions, dans l’ordre, est le reflet de la précédente. Ce faisant, Jésus a bouleversé les conceptions des pharisiens et de tous ceux qui l’écoutaient sur ce que signifie être en règle avec Dieu. Jésus renverse les critères humains de justice.

Une opinion répandue à leur époque assimilait la richesse à la droiture. Ils ne croyaient pas nécessairement que la richesse en elle-même rendait une personne juste, mais ils supposaient que ceux qui étaient en règle avec Dieu connaîtraient la prospérité matérielle. Selon ce raisonnement, la prospérité d’une personne révélait l’approbation divine.

On supposait que si l’on était pauvre, si l’on rencontrait des difficultés, cela signifiait forcément que l’on s’était éloigné de la volonté de Dieu. Si l’on prospérait, on supposait que l’on était exactement là où Dieu le souhaitait. Il y a quelques semaines, j’ai mentionné les vingt-quatre chapitres de la Mishna qui expliquent les règles du sabbat au-delà des Écritures.

Ce même passage de la Mishna, appelé le Traité Shabbat, dit que les justes de ce monde ont de bonnes choses en réserve pour le monde à venir, et que même dans ce monde, ils sont bénis de richesse, d’honneur et de longévité. On supposait que posséder ces choses prouvait qu’on était en règle avec Dieu. Jésus présente la conclusion inverse, utilisant des mots qui indiquent la faveur ou la défaveur de Dieu.

Nous lisons le mot béni et pourraient penser que cela signifie seulement que quelqu’un est heureux ou a reçu de bonnes choses. C’est certainement vrai, mais cela signifie plus que cela.

Le mot grec makarios indiquait la faveur divine. Mais ce mot grec était utilisé pour signifier être en grâce auprès de Dieu. Jésus s’adresse à des personnes pauvres ou en deuil, des personnes que le monde considérerait comme étant en difficulté et donc privées de la faveur divine.

Pourtant, il dit : « Heureux êtes-vous. » Et alors, ce mot traduit par « malheur » signifiait le contraire. Il signifiait qu’il y avait défaveur.

Il utilise ces termes à l’opposé de la culture environnante. Il bouleverse leur conception même de la justice. Jésus leur explique que Dieu ne juge pas la valeur d’une personne à l’aune de sa richesse.

Dieu regarde au cœur. Jésus n’établit pas un critère inverse où la pauvreté prouverait automatiquement la justice.

La pauvreté ne nous rend pas automatiquement justes aux yeux de Dieu, pas plus que la richesse. Jésus renverse les critères pour qu’ils comprennent que l’on peut être parfaitement présentable d’un point de vue humain.

On peut donner l’impression d’avoir tout pour être heureux. On peut être riche. On peut rire.

Nous sommes bien nourris. On parle bien de nous. Nous pouvons posséder tout ce que le monde considère comme la réussite et pourtant rester éloignés d’un Dieu saint.

À l’inverse, nous pouvons souffrir et lutter tout en étant justifiés devant Lui. Il ne propose pas une autre voie pour être en règle avec Dieu. Il ne dit pas que le chemin de la justice consiste simplement à devenir pauvre et affamé.

Il ne propose pas ici un plan de salut alternatif. Il leur montre que les attentes de Dieu sont différentes de ce qu’ils imaginaient. Et pour bien comprendre son message, il faut approfondir le contexte.

Si nous nous contentons de lire les paroles sans les replacer dans leur contexte, nous risquons d’interpréter Jésus à tort, selon une perspective marxiste qui divise le monde en classes économiques d’oppresseurs et d’opprimés. Ce n’est pas le propos de Jésus. Une phrase cruciale éclaire tout le passage.

Un mot aux disciples

On le trouve précisément au verset 20 : « et tournant son regard vers ses disciples. » Le sens s’éclaircit lorsqu’on comprend qu’il s’adresse à ses disciples, et non à la foule.

La foule est présente et l’entend, mais ses paroles s’adressent aux disciples.

Il ne cache rien à la foule, mais son public principal est constitué de ses disciples. Il ne parle pas aux pharisiens hostiles, pourtant présents sans aucun doute, car ses paroles ne les concernent pas. Lorsqu’il dit : « Si l’on vous calomnie, soyez injuriés à cause de moi », les pharisiens ne se laisseraient pas calomnier à cause de lui, car ils ne le suivraient pas.

Jésus ne s’adresse pas à la foule. Il ne s’adresse pas aux pharisiens pour les humilier. Jésus s’adresse à ses disciples.

Aujourd’hui, nous utilisons souvent le mot disciple signifie un disciple engagé de Jésus-Christ. Dans ce contexte, cela pourrait désigner plus largement un étudiant ou un apprenant. À ce stade, tous les disciples ne s’étaient pas nécessairement engagés pleinement envers lui. Les douze apôtres avaient été choisis parmi un groupe plus important de disciples. Nombre d’entre eux étaient venus écouter et apprendre, mais restaient indécis quant à la possibilité de le suivre véritablement.

Ils sont là simplement pour apprendre. Et il s’adresse à ces personnes, les disciples. Il leur parle du niveau d’engagement qu’ils devraient avoir.

Quand on comprend son public, il devient clair que Jésus ne divise pas les gens selon leurs possessions. La question est de savoir ce que nous sommes prêts à abandonner. Voilà la différence.

Il ne parle pas de pauvres, bons, riches, mauvais. Il ne fait pas le contraire des pharisiens. Notre relation avec Dieu n’est pas déterminée par ce que nous possédons.

La direction de notre cheminement avec Dieu se révèle par ce que nous sommes prêts à abandonner. Jésus s’adresse à ceux qui avaient commencé à apprendre de lui et les appelle à un engagement total. Jésus a appelé ses disciples à un engagement total. Au verset 20, il est dit qu’il a tourné son regard vers les disciples.

Le prix de l’engagement total

Il s’adressait à des gens parmi lesquels certains étaient prêts à tout abandonner, tandis que d’autres ne voulaient rien perdre. À ce stade de son ministère, des gens venaient à Jésus en disant : « Je veux te suivre. »

Connaissant les idoles présentes dans chaque cœur, Jésus les appelait à renoncer à tout ce qui faisait obstacle à sa volonté. Au jeune homme riche, il dit : « Vends ce que tu possèdes et donne l’argent aux pauvres. » Est-ce là le plan du salut ?

Est-ce ainsi que nous méritons d’aller au ciel ? Non. Mais Jésus savait que cet homme vénérait les richesses.

Il leur dit donc : « Vous devez renoncer à cela. » À d’autres, il dit : « Vous devez vous éloigner de votre famille. » S’éloigner de sa famille permet-il de se sauver ?

Non. Non, mais si l’allégeance familiale empêche quelqu’un de suivre Jésus, cette allégeance est devenue une idole qu’il faut combattre. Et il y avait des gens dans cette foule, des gens dans cette foule qui avaient des idoles auxquelles il fallait faire face.

D’autres dirent : « Laissez-moi d’abord aller enterrer mon père. » Cela nous semble raisonnable, mais le contexte suggère que le père de cet homme n’était peut-être même pas encore décédé. Il disait : « J’ai besoin de plus de temps, d’un temps indéterminé. Une fois que tout sera réglé, alors je te suivrai. »

Et Jésus dit : « Si vous n’êtes pas prêts à tout quitter, vous n’êtes pas dignes de me suivre. » Il les appelle à un engagement total. Certains craignaient de devenir pauvres.

« Si je te suis, je risque de perdre mes moyens de subsistance. » Qu’est-il arrivé à Matthieu ? Comment gagnait-il sa vie ?

Collecte des impôts. Était-il toujours parfaitement honnête ? Probablement pas.

La Bible ne dit pas explicitement que Matthieu a trompé les gens, mais c’était l’idée reçue concernant les collecteurs d’impôts. Il gagnait de l’argent. Il y a renoncé pour suivre Jésus.

Comment Pierre subvenait-il à ses besoins et à ceux de sa famille ? Il pêchait. Il a tout abandonné pour suivre Jésus.

C’est le même Jésus qui a dit que les oiseaux ont des nids et les renards des tanières, « mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête ». Des personnes comme Pierre et Matthieu étaient prêtes à tout quitter et à dire : « S’il en coûte cela pour suivre Jésus, nous le suivrons quand même. »

D’autres ont tenté d’élaborer un plan leur permettant de suivre Jésus partiellement tout en conservant leurs biens. C’est pourquoi, lorsqu’il dit : « Heureux êtes-vous si vous avez faim, si vous êtes pauvres, si vous êtes dans le deuil, si l’on vous calomnie », il parle de tout ce que suivre Jésus pourrait potentiellement coûter.

Il n’énumère pas tous les sacrifices possibles, mais il donne des exemples représentatifs de ce que suivre Jésus peut exiger, et il dit que vous êtes bénis si vous êtes prêts à renoncer à tout cela pour le suivre. À l’inverse, il dit : « Malheur à vous qui êtes riches ! » Ce n’est pas parce que Dieu condamne la possession en soi, mais parce que certains, dans la foule, refusaient de suivre Jésus plutôt que de se séparer de leurs biens.

Il les appelle à un engagement total. Il les appelle aussi à lui faire confiance en leur faisant promesse sur promesse, à ceux qui renoncent à tout pour le suivre. Les disciples fidèles étaient prêts à se détourner des richesses et du pouvoir.

Nous le voyons au verset 20. Ils étaient prêts à devenir pauvres pour suivre Jésus. Et ils allaient être récompensés.

Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu est à vous. Dans cette foule, certains avaient déjà pris la décision de suivre Jésus quoi qu’il arrive. D’autres allaient prendre cette décision. « Peu m’importe si je perds mes moyens de subsistance. »

Peu m’importe si je deviens pauvre. Jésus mérite d’être suivi. » Ils étaient prêts à renoncer à tout cela.

La pauvreté vous réconcilie-t-elle avec Dieu ? Non. Mais Jésus les appelait ici à renoncer à ces choses, à s’en éloigner, sachant qu’ils pouvaient avoir confiance en Dieu, sachant que Jésus leur offrirait une récompense.

Ceux qui ont abandonné les richesses terrestres pouvaient le faire en sachant qu’une récompense bien plus grande les attendait dans le royaume de Dieu. Les disciples fidèles étaient prêts à renoncer même au confort le plus élémentaire, jusqu’à souffrir de la faim pour Jésus. Et au verset 21, il promet qu’ils seront rassasiés.

Ici, satisfait signifie bien plus que simplement recevoir de la nourriture. Avez-vous déjà payé trop cher au restaurant et êtes-vous reparti en ayant encore faim ? Ce n’est tout simplement pas normal.

Parfois, la portion est si petite qu’on se demande si c’est l’entrée ou le plat principal. On ressort de là en ayant encore faim. Techniquement, on a sans doute assez mangé selon certains critères, mais on a encore faim.

Ce n’est pas de cela qu’il s’agit ici. Le mot signifie nourrir quelqu’un jusqu’à ce qu’il n’ait plus ni envie ni besoin de rien.

C’est comme la plénitude que beaucoup d’entre nous ressentent après Thanksgiving, lorsque l’autodiscipline a fait défaut. Nous pouvons souffrir de la faim ou d’autres formes de privation dans cette vie. Si tel est le prix à payer pour suivre Jésus, il promet que tout ce qui est perdu sera plus que compensé dans son royaume.

Ceux qui ont faim seront rassasiés. Il dit : « Heureux êtes-vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. » Les disciples fidèles pleuraient car ils souffraient du découragement et de la perte à cause de Jésus.

Soyons clairs : suivre Jésus a toujours un prix. Pour nous, ce prix peut être différent. Très peu d’entre nous perdront leur emploi et leurs moyens de subsistance pour avoir suivi Jésus, même si cela arrive.

On entend parfois des histoires à ce sujet dans les médias. Quelqu’un est resté fidèle à ses convictions et a suivi Jésus, et cela lui a coûté son emploi ou un contrat. Cela a toujours un coût.

Cela arrive. Pour nous, les conséquences peuvent être différentes des leurs. La plupart du temps, notre vie n’est pas menacée, même si certains croyants le sont, mais il y a toujours un prix à payer. Le fait que nos conséquences ne soient pas exactement les mêmes que les leurs ne signifie pas qu’il n’y en a pas. Et l’appel est le même.

L’appel est le même : être prêt à payer le prix et à renoncer à ce qui est nécessaire pour suivre Jésus. Mais il y avait, dans cette foule, des disciples fidèles qui pleuraient ou allaient pleurer, car ils souffraient du découragement et de la perte à cause de Jésus. Et parfois, nous souffrirons du découragement et de la perte à cause de Jésus.

Parfois, suivre Jésus est difficile. Cela peut parfois avoir un coût, que ce soit au niveau des relations sociales ou personnelles. Il y a toujours un prix à payer. Mais il a dit que ceux qui pleurent riraient, car ils trouveraient la joie en lui.

Et puis, au verset 22, nous voyons que les disciples fidèles étaient haïs à cause de lui. Pour beaucoup, la pire menace est d’être haï, ostracisé, insulté et rejeté. Et il dit que cela fait partie du prix à payer.

Cette peur peut nous inciter à être moins loquaces, moins fidèles, moins engagés ou moins intègres, car nous nous soucions du regard des autres. Mais à ceux qui ont même sacrifié leur réputation pour suivre Jésus, il a dit qu’ils auraient de quoi se réjouir. Certaines traductions disent simplement : « Soyez joyeux ! »

Il parle ici de pouvoir se réjouir pleinement. J’ai du mal à me souvenir de la dernière fois où j’ai ressenti une telle joie. Mais ils pourraient se réjouir pleinement en sachant que les serviteurs de Dieu ont toujours été traités ainsi.

Regardez les prophètes de l’Ancien Testament qui recevaient un message direct de Dieu ; lorsqu’ils le proclamaient, ils étaient traités en conséquence. Nous pourrions croire que la souffrance ou une mauvaise réputation prouvent que nous agissons mal. Pourtant, on peut faire le bien et être calomnié, car c’est ainsi que les prophètes étaient traités.

C’est ainsi qu’ils allaient traiter les apôtres. C’est ainsi que le monde, de plus en plus hostile à Dieu, nous traitera. Mais il dit que, malgré les souffrances terrestres, une récompense nous attend au ciel.

C’est ce que Jésus promet au verset 23. Il promet qu’il y aura un prix à payer pour le suivre, mais que les récompenses promises le compenseront largement. Ses promesses suffisent, car Jésus suffit.

Si nous marchons avec lui et nous engageons pleinement envers lui, nous perdrons certaines choses, mais il compensera largement ce que nous perdons. Il existe aussi une vérité inverse, qui donne à réfléchir : nous finissons de toute façon par perdre ce que nous choisissons plutôt que Jésus. C’est comme l’œuf que l’on serre si fort qu’on le casse.

Nous sommes tellement déterminés à ne pas perdre ces choses. Nous ne voulons pas perdre notre richesse. Nous ne voulons pas manquer de provisions et de nourriture.

Nous ne voulons pas perdre ce qui nous rend heureux dans la vie. Nous ne voulons pas perdre notre réputation et l’approbation des autres. Mais si nous choisissons ces choses plutôt que Jésus, nous les perdrons de toute façon en essayant de nous y accrocher.

D’autres, dans cette foule, auraient rebroussé chemin. Ils auraient refusé de sacrifier leurs richesses. Et il dit au verset 24 : « C’est bien triste pour vous, car ces richesses dont vous jouissez maintenant sont votre seul réconfort. »

Les richesses peuvent procurer un bonheur éphémère, mais elles ne peuvent apporter la joie durable que Jésus donne. Et finalement, tout ce que nous chérissons ici-bas se transforme en poussière. Tout ce à quoi nous nous accrochons et que nous choisissons plutôt que Jésus finira par être perdu.

À ceux qui lui tournaient le dos par crainte de souffrir de la faim ou du dénuement, il leur dit un jour : « Vous souffrirez de toute façon. » Ne pas suivre Jésus ne signifie pas pour autant que la vie sera parfaite. Nous souffrirons si nous marchons avec lui, et nous souffrirons aussi dans ce monde si nous ne le suivons pas. La question est de savoir si Jésus sera présent à nos côtés dans la souffrance. Et ceux qui lui ont tourné le dos par soif de plénitude trouveront le chagrin.

Nous connaissons probablement tous des histoires de personnes, peut-être même avons-nous été ces personnes, qui ont dit : « Non, je ne veux pas marcher avec Jésus car d’autres choses dans ma vie me rendent heureux, et je vais les poursuivre. » Je ne donnerai pas d’exemples précis, mais nous savons où mènent ces chemins.

Ces chemins promettent l’épanouissement, mais ils mènent aussi à la souffrance, comme Jésus l’a promis. Si nous refusons de le suivre parce que nous préférons ce qui flatte nos désirs charnels, même cet épanouissement apparent finira par disparaître. Et il dit au verset 26 : « À ceux qui se détournent pour être respectables, pour obtenir l’approbation du monde, eh bien, ils l’obtiendront peut-être. Ils ne la perdront peut-être jamais. Ils seront peut-être célébrés par le monde, mais de la même manière que les faux prophètes. »

Il précise que l’approbation humaine n’est pas la même que l’approbation divine. Ainsi, en étudiant ce passage dans son contexte, en comprenant à qui il s’adresse, nous comprenons que Dieu ne se préoccupe pas de ce que vous possédez. L’enjeu est ce que vous êtes prêts à perdre pour lui.

Le choix qui se présente à chaque disciple

Si nous sommes disciples de Jésus, nous sommes toujours confrontés au même choix. Si nous sommes disciples, si nous apprenons à ses pieds, un choix se présente à nous, comme à ces personnes. Accepterons-nous Jésus avec un engagement total, en acceptant le prix et les souffrances qui pourraient en découler ?

Ou bien allons-nous nous détourner, croire que nous pouvons éviter la souffrance et choisir des choses éphémères plutôt que Jésus, sans réaliser que nous les perdrons de toute façon ? C’est un appel à sortir de la zone de confort. Nous devons soit suivre Jésus, soit le refuser. Bien sûr, Jésus n’encourage pas le rejet ; il affirme clairement qu’il n’existe que deux choix.

Et si nous pensons pouvoir conserver ce que nous désirons en ne suivant pas Jésus et en ne nous engageant pas pleinement, nous le perdrons de toute façon. Et si nous perdons des choses pour suivre Jésus, il les compense largement. Cela me rappelle une célèbre déclaration du missionnaire Jim Elliot.

Certains d’entre vous connaissent son histoire. Il était si dévoué à Jésus-Christ qu’il était prêt à tout abandonner et a finalement perdu la vie dans la jungle équatorienne en portant l’Évangile à un peuple non atteint par l’Évangile. Plus tard, nombre de ces personnes – y compris certains impliqués dans le massacre – se sont converties après le retour de sa femme et la poursuite de son œuvre.

Cet homme, qui a donné sa vie pour le Christ dans les années 1950, a écrit cette phrase célèbre : « Nul n’est insensé de donner ce qu’il ne peut garder pour gagner ce qu’il ne peut perdre. » Cela résume le choix que Jésus propose à ses disciples : renoncer à ce que nous ne pouvons garder afin de gagner ce que nous ne pouvons perdre.

Si vous croyez déjà en Jésus, c’est son appel. C’est l’appel de chacun de nous, l’appel à un engagement total. Suivre Jésus ne signifie pas que nous perdons automatiquement tout.

Vous ne perdrez probablement pas tout au moment où vous vous engagez pleinement envers lui. Mais vous devez être prêt à renoncer à tout ce que le suivre implique afin d’aller là où il vous appelle et de faire ce qu’il vous commande.