Informations sur le message
- Passages clés : Luc 4.1–13
- Série : Luc (2025–2027), no 3
- Date : dimanche 26 janvier 2025 (matin)
- Lieu : Central Baptist Church — Lawton, Oklahoma
- Prédicateur : Jared Byrns
Texte
Connaître son adversaire
Dans toute situation compétitive, l’une des meilleures choses à faire est de se familiariser avec les intentions, le comportement et les stratégies de son adversaire. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le général Patton lisait des ouvrages sur la guerre écrits par le général Rommel, dont il allait affronter les forces allemandes en Afrique du Nord. Lors de la guerre d’Indépendance américaine, les troupes américaines ont infligé de lourdes pertes à des forces britanniques bien supérieures en nombre grâce à leur connaissance des tactiques des soldats britanniques. Ces derniers arrivaient au combat vêtus de leurs uniformes rouges vifs, ce qui les rendait facilement repérables, restaient en formation et suivaient leurs officiers. Les Américains comprirent : « Nous pouvons nous cacher dans les arbres et les buissons. Nous pouvons nous dissimuler derrière des objets et surgir par surprise, et ils resteront en formation. Ils nous faciliteront la tâche. »
Dans la vie de tous les jours — et cela pourrait vous surprendre —, je n’ai jamais été joueur ni entraîneur de football américain. Cela ne devrait étonner personne. J’ai parfois regardé des matchs, mais je sais que les entraîneurs visionnent des vidéos de l’équipe adverse pour analyser son jeu et ses réactions dans différentes situations.
Dans un domaine qui me correspond davantage, j’ai entraîné des élèves de mon école lors d’un tournoi académique la semaine dernière. Le principe est simple : on pose des questions, les élèves buzzent et tentent d’y répondre. On les encourage à buzzer dès qu’ils pensent connaître la réponse. Ils se trompent parfois, ils ont parfois raison, mais ils ratent systématiquement les questions auxquelles ils ne buzzent pas. Il faut donc qu’ils soient rapides et sans hésitation.
Mais il y avait une équipe qui m’a fait me demander : « Sont-ils seulement réveillés ? » Je pense que quelqu’un n’a buzzé qu’une ou deux fois sur les trente-six questions posées pendant ce match. À l’une des pauses, nous avons pris notre équipe à part et lui avons dit : « Vous savez quoi ? Oubliez ce qu’on vous a dit sur le fait de se précipiter et d’être les premiers. Avec cette équipe, vous avez tout votre temps. Laissez-les finir la question. Réfléchissez-y une minute. Prenez peut-être une pause-café pour y réfléchir, parce que vous avez le temps. »
Vous observez ce que votre adversaire va faire et vous adaptez votre stratégie. Nous sommes face à un adversaire. Nous avons un adversaire commun en tant que croyants en particulier et en tant qu’êtres humains en général. Dans ce cas précis, nous avons un ennemi commun. Nous allons parler aujourd’hui de sa stratégie à notre égard, car elle était pleinement manifeste dans ses relations avec Jésus. Nous pouvons apprendre non seulement des actions de l’ennemi, mais aussi de la manière dont Jésus y a réagi.
La stratégie de Satan contre Jésus
Nous poursuivons notre étude de l’Évangile selon Luc et aborderons ce matin le chapitre 4. Nous examinerons la stratégie employée par Satan à travers l’histoire et tenterons de tirer des enseignements de la manière dont Jésus y a fait face, afin de pouvoir la contrer.
Luc écrit :
Jésus, rempli du Saint-Esprit, revint du Jourdain et fut conduit par l’Esprit dans le désert pendant quarante jours, où il fut tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là ; et, à la fin, il eut faim. Le diable lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. » Jésus lui répondit : « Il est écrit : « L’homme ne vivra pas de pain seulement. » » Puis il le conduisit sur une haute montagne et lui montra en un instant tous les royaumes du monde. Le diable lui dit : « Je te donnerai tout ce royaume et sa gloire, car il m’a été remis, et je le donne à qui je veux. Si donc tu te prosternes devant moi, tout sera à toi. » Jésus lui répondit : « Il est écrit : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu le serviras lui seul. » » Puis il le conduisit à Jérusalem, le plaça sur le pinacle du temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi d’ici en bas, car il est écrit : « Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, afin qu’ils te gardent », et : « Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » » Jésus lui répondit : « Il est dit : « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » » Après avoir épuisé toutes ses tentations, le diable le quitta et attendit un moment propice.
Attaquer les moments de faiblesse
Dans ce passage, ainsi que dans les passages de Matthieu et de Marc qui décrivent le même événement, nous voyons Satan s’adresser à Jésus à un moment de faiblesse humaine. Nous comprenons que Jésus est Dieu. Jésus a toujours été Dieu. Mais lorsqu’il est venu sur terre, il a revêtu une nature humaine sans renoncer à sa nature divine. C’est un peu difficile à comprendre car cela ne s’est jamais produit auparavant dans l’histoire. Jésus est unique en son genre : pleinement Dieu et pleinement homme.
Tout au long des Évangiles, nous voyons des aspects de sa divinité et des aspects de son humanité. C’est l’un de ces cas où il est dans le désert pendant quarante jours sans manger. En tant qu’être humain, il a faim, comme n’importe lequel d’entre nous. Je ne pourrais pas tenir quarante heures. Parfois, mes enfants ont l’air de ne pas pouvoir tenir quarante minutes. Jésus est resté quarante jours dans le désert.
Il n’y avait donc pas que la faiblesse physique due à la faim, mais vous arrive-t-il d’être de mauvaise humeur quand vous avez faim ? Je crois que Snickers a fait toute une série de publicités à ce sujet : « Vous n’êtes plus vous-même quand vous avez faim. Vous avez besoin d’un Snickers. » Quand j’ai prêché sur l’Évangile de Marc et que nous sommes arrivés à ce passage, je crois que j’avais apporté des Snickers pour tous les participants ce dimanche soir-là. Désolé, je n’y ai pas repensé aujourd’hui. Mais nous ne sommes tout simplement pas nous-mêmes quand nous avons faim.
Ajoutons à cela la probabilité qu’il ait été seul pendant quarante jours. Ceux d’entre nous qui sont introvertis puisent leur énergie dans la solitude, mais nous avons tout de même besoin d’être entourés. Au bout d’un moment, l’isolement devient source de stress. C’est pourquoi l’isolement cellulaire est utilisé comme punition. D’un point de vue humain, Jésus était affaibli, et Satan s’est présenté à ce moment-là, prêt à l’attaquer. C’est ainsi que Satan agit. C’est là qu’il essaiera de nous atteindre.
Vous souvenez-vous de ce qui s’est passé juste avant ces quarante jours ? Il a été baptisé. Lors de ce baptême, il est sorti de l’eau, les cieux se sont ouverts, le Saint-Esprit est descendu, et tous ont vu l’Esprit se poser sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Alors la voix du Père a retenti du ciel : « Celui-ci est mon Fils, en qui je trouve toute ma joie. » Le Père a dit cela pour le bien de la foule. Ce fut le moment où le ministère de Jésus a commencé et où il a été confirmé par le Père et par le Saint-Esprit devant tous. Ce fut un moment d’intense spiritualité.
Il est parti de là, est allé dans le désert et s’est retrouvé dans cet état de faiblesse. Je pense que c’est souvent là que Satan nous attaque : lorsque nous venons d’atteindre un sommet spirituel et que nous retombons dans la réalité. C’est là qu’il nous trouvera.
Satan essaie ça avec moi tous les dimanches soirs. On vient de passer une bonne journée à l’église. Généralement, on a eu l’occasion de discuter de la Parole de Dieu et de prier ensemble. Ensuite, on rentre à la maison, on prépare tout le monde pour le coucher et Charla et moi dînons. En général, elle s’endort avant moi et je commence à penser à quel point je suis nul dans ce travail et à toutes les erreurs que j’ai commises pendant la journée. « Tu aurais dû mieux t’y prendre. Tu aurais dû t’en occuper. Tu aurais dû faire ceci ou cela. » Satan nous fait ça à chaque fois. Il nous attaque quand on est descendus du sommet de la montagne et qu’on est entrés dans la vallée.
Jésus a été attaqué à ce moment-là, et Satan a tout essayé pour le faire pécher. La plupart des commentateurs pensent que Satan n’a pas tenté Jésus avec seulement trois choses. Il l’a probablement harcelé avec bien plus que cela. Mais ce sont ces trois tentations qui sont rapportées dans les Évangiles parce qu’elles nous donnent un exemple des types d’attaques auxquelles Jésus a été confronté.
Comme nous le verrons plus tard, la Bible dit que Jésus a été tenté en tout point comme nous, mais sans pécher. Satan s’est attaqué à Jésus au moment où il était le plus vulnérable, à ce début de son ministère. Il venait de descendre de la montagne, et Satan a tout mis en œuvre pour le faire pécher.
Les tactiques limitées de Satan
Satan est rusé. Il est très efficace. Si son but est de nous inciter à pécher, il s’en acquitte à merveille. C’est pourquoi, face aux tentations et aux attaques de Satan, nous pensons : « Je ne pourrai jamais y résister. » Mais ce passage nous montre aussi que, malgré sa ruse, Satan n’est pas particulièrement inventif. Il dispose d’un nombre très limité de stratagèmes à notre disposition.
Pourquoi affirmer qu’il dispose d’un nombre limité de stratagèmes ? Chaque fois que l’Écriture nous dévoile les coulisses et nous montre l’implication de Satan dans la tentation, il agit toujours de la même manière.
Appel aux désirs humains
La première chose qu’il fera est de faire appel à nos appétits pour nous vendre le péché. Parfois, il n’a pas besoin de beaucoup insister, car nous disons : « Prenez mon argent. Je suis prêt à acheter. » Satan arrive avec une tentation, et nous disons : « Oui, s’il vous plaît. » Cela ne devrait pas se passer ainsi, mais il essaiera toujours de faire appel à nos appétits.
Remarquez qu’il n’essaie pas de nous vendre des choses dont nous n’avons pas besoin. Avez-vous déjà eu quelqu’un qui a essayé de vous vendre quelque chose que vous ne vouliez pas et dont vous avez eu du mal à vous éloigner ? Satan n’agit pas ainsi. Il vient à nous avec des choses qui nous incitent à lutter pour ne pas dire : « Dites-m’en plus. Laissez-moi en savoir plus. »
Il existe un passage qui se rattache à celui-ci et que nous allons examiner brièvement, car il montre exactement ce que fait Satan ici. Dans 1 Jean 2, l’apôtre Jean écrit :
N’aimez pas le monde ni ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui. Car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie, ne vient pas du Père, mais du monde.
Il ne s’agit pas ici du monde au sens où « Dieu a tant aimé le monde », c’est-à-dire des personnes qui le composent. Il s’agit du système du monde et de ce qu’il a à offrir. Jean nous exhorte à ne pas aimer ces choses, car si nous les aimons, l’amour du Père n’est pas en nous.
Le péché repose sur trois éléments majeurs, trois atouts majeurs que Satan utilise pour nous y inciter : la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie. Ce sont les mêmes trois éléments qui apparaissent dans Luc 4 et dans les autres récits évangéliques de la tentation de Jésus. On les retrouve également ailleurs dans l’Écriture. Satan utilise ces trois leurres pour tenter de nous piéger.
Le premier point est la convoitise de la chair. J’ai abordé ce sujet avec le groupe d’étude biblique des garçons il y a quelques semaines, et je cherchais comment expliquer tout cela sans entamer des conversations que je n’étais pas prêt à avoir. Comment expliquer cela aux garçons ? Voici comment je le conçois : la convoitise de la chair englobe tout ce que nous désirons vivre. C’est tout ce qui procure du plaisir à la chair.
Cela peut inclure la gourmandise. Cela peut inclure l’immoralité sexuelle. Cela peut inclure toute la gamme des choses qui nous font du bien. Il n’y a rien de mal à vouloir vivre des expériences, et il n’y a rien de mal à vouloir se sentir bien. Mais qu’est-ce que nous désirons vivre, et pour quelles raisons ?
Satan a tenté Jésus avec les désirs de la chair. Il est venu à Jésus en disant, en substance : « Je sais que tu as faim. Tu es resté quarante jours dans le désert, et tu as faim. » Son corps avait un besoin impérieux, et Satan l’a tenté avec de la nourriture au verset 3 : « Pourquoi ne prends-tu pas une de ces pierres et n’en fais-tu pas du pain ? Tu en es capable. Si tu es le Fils de Dieu, pourquoi ne prends-tu pas une de ces pierres et n’en fais-tu pas du pain ? »
À mon avis, il n’y a rien de fondamentalement pécheur à vouloir manger. Dieu nous a créés avec le besoin de nourriture. Cela devient pécheur lorsque, par exemple, je vais chez Ann’s Country Kitchen et que je dis : « Je veux toute cette tarte, ou même deux. Soyons honnêtes, je les veux toutes. Je veux tout ce qui est derrière la vitrine. » C’est un problème.
Alors pourquoi était-ce un péché de dire : « Si tu as faim, pourquoi ne transformes-tu pas des pierres en pain ? Tu en es capable » ? C’est Jésus qui a créé ces pierres par sa parole. Jésus peut transformer l’eau en vin. Jésus peut créer du pain par sa parole. Pourquoi serait-ce un péché pour lui de faire cela ?
C’était un péché parce que Satan incitait Jésus à douter de la providence du Père. L’Esprit l’avait conduit au désert. Il s’y trouvait pour accomplir une mission que le Père lui avait confiée et que l’Esprit l’avait guidé à accomplir. Vraisemblablement, il a passé une partie de ce temps en solitude et en prière avec le Père, sachant que le Père pourvoirait à ses besoins le moment venu.
Satan tenta très subtilement de saper cette relation et la confiance de Jésus envers le Père en disant : « Si tu es vraiment le Fils de Dieu, pourquoi ne fais-tu pas de pain avec ces pierres ? » Le dernier événement rapporté avant cela — mis à part la généalogie — est la déclaration du Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. » Or, Satan dit : « Si tu l’es vraiment, pourquoi ne fais-tu pas de pain ? » Cela aurait incité Jésus à prendre en main sa propre subsistance pour prouver qu’il était bien celui que le Père avait déjà déclaré.
Le pain et la faim n’étaient pas des péchés en soi. Satan incitait Jésus à ne pas manifester la foi envers le Père qu’il était censé avoir. Pour l’amener à le faire, Satan a joué sur la convoitise de la chair et lui a dit : « Je sais que tu as faim. Qu’y aurait-il de mal à faire du pain ici même ? »
Le désir de posséder
Il y a ensuite la convoitise des yeux. La convoitise de la chair concerne les expériences que nous voulons vivre ; la convoitise des yeux concerne les choses que nous voulons posséder. Kristie parlait aux enfants de l’envie et du fait de voir quelque chose qu’on désire ardemment. Avez-vous déjà vu quelque chose que vous désiriez ardemment ? Probablement tous.
Posséder des biens n’est pas mal. En désirer n’est pas mal non plus. Là encore, tout dépend de ce que nous désirons, des raisons qui nous poussent à le désirer et de la manière dont nous nous y prenons pour l’obtenir. Jésus errait dans cette région désertique. Le mot traduit par « désert » peut aussi signifier « aride ». C’est un lieu où l’on ne trouve pas grand-chose : des rochers, du sable et des broussailles, mais guère plus.
L’apôtre Paul nous explique comment Jésus a renoncé à la gloire céleste. Il s’est éloigné de ce à quoi il avait droit, à savoir être adoré et servi par les anges. C’est le sujet de Philippiens 2. Jésus partit de là pour ce désert, et Satan essaya de le séduire : « Ne désires-tu pas la gloire et les royaumes ? Ne désires-tu pas posséder toutes ces choses ? »
Satan dit : « Tous ces royaumes m’ont été donnés. Ils sont à moi, et je peux les donner à qui je veux. Ne les mérites-tu pas ? » Cela m’a toujours intrigué, car ils appartiennent de toute façon à Jésus. Tous les royaumes de ce monde appartiennent à Jésus. Il les a créés. Un jour, il rétablira son contrôle et sa domination sur eux. Satan essayait d’offrir quelque chose qui ne lui appartenait pas à Celui qui le possédait déjà. Mais peut-être Satan pensait-il qu’à ce moment-là, Jésus étant physiquement affaibli, il le tenait à sa merci.
Satan s’approcha de lui et lui dit : « Ne les veux-tu pas ? » Mais Jésus allait déjà les recevoir. Alors pourquoi était-ce un péché ? Le verset 7 nous dit que Satan incitait Jésus à l’adorer. Quand il dit : « Adorez-moi », il parle de Jésus se prosternant devant Satan et l’adorant.
« C’est tout ce que tu as à faire. Fais-le une seule fois, et tu auras tout ce que tu désires. » Satan nous propose ce marché : « Fais les choses à ma façon. Tu auras tout ce que tu veux, tout ce que tu mérites. »
Le désir de faire nos preuves
Il y a ensuite l’orgueil de la vie. Ce sont les choses que nous voulons être. Jésus venait d’être publiquement reconnu par le Père : « Celui-ci est mon Fils. » Mais Satan le tenta de prouver sa filiation en accomplissant un miracle.
Cela se produit tout au long des Évangiles. Les gens voulaient que Jésus accomplisse des miracles à leurs fins, pour prouver son identité. Il y a une tentation de dire : « Vous ne croyez pas que je suis celui que je prétends être ? Laissez-moi vous le prouver. » Nous avons probablement tous ressenti cet orgueil à un moment donné. Satan a essentiellement dit : « Si tu l’es vraiment, alors prouve-le. »
Il se tourna ensuite vers les Écritures. Il interpréta mal des passages du Psaume 91 : « En effet, il est écrit : « Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, afin qu’ils te gardent », et : « Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre ». » Il disait : « Dieu veille sur toi. Si tu es vraiment son Fils, il prendra soin de toi. Alors, puisque nous sommes au sommet du temple, pourquoi ne te jettes-tu pas en bas ? Bien sûr, il ne permettra pas à ses anges de te laisser tomber et te blesser. Prouve-moi une fois pour toutes que tu es bien celui que tu prétends être. »
Je pense que beaucoup d’entre nous, par orgueil, accepteraient cette proposition et diraient : « Très bien. Laisse-moi te le prouver. » Satan comprend les motivations humaines et il utilisera un ou plusieurs de ces éléments comme appât. La prochaine fois qu’il tentera de vous entraîner dans le mal, il emploiera au moins l’une de ces méthodes, voire une combinaison de plusieurs. Chaque tentation qu’il vous lance exploite un ou plusieurs de ces trois éléments.
Nous aurions tout intérêt à reconnaître ses agissements et les stratagèmes qu’il compte utiliser contre nous. Ainsi, lorsque l’appât sera tendu et semblera si appétissant, nous pourrons nous dire : « Attendez une minute. C’est un piège. La Parole de Dieu m’avait prévenu qu’il agirait ainsi. »
Détourner la Parole de Dieu
Une autre tactique de Satan consiste à tordre la Parole de Dieu pour justifier le péché. Il ne se contentera pas de flatter vos désirs pour vous inciter au péché. Il déformera la Parole de Dieu pour vous faire croire qu’elle est acceptable.
Aux versets 10 et 11, Satan a dit à Jésus de se jeter à terre car la Parole de Dieu disait qu’il serait protégé. Mais Satan a mal cité, mal interprété et mal appliqué ce passage. Si vous vous reportez à ce passage de l’Ancien Testament, vous verrez qu’il parle de la sollicitude de Dieu pour son peuple. C’est comparable à l’image de soutenir un enfant qui apprend à marcher afin qu’il ne tombe pas, ne se blesse pas ou ne trébuche pas sur une pierre.
Satan a déformé ce passage des Écritures pour faire croire qu’il était parfaitement acceptable de se jeter du haut du temple, car Dieu et ses anges nous relèveraient. Il a tenté de convaincre Jésus que ce passage signifiait que nous pouvions agir de manière imprudente et que Dieu se chargerait des conséquences. Mais ce n’est absolument pas le cas. Il s’agit d’obéir et de faire confiance à Dieu, qui prendra soin de nous pendant que nous apprenons à marcher avec lui. Satan a sorti ce passage de son contexte et l’a mal utilisé, et c’est ce qu’il fera toujours.
On le voit partout sur les réseaux sociaux aujourd’hui. Des gens publient des vidéos sur TikTok, Instagram ou Facebook en disant : « C’est normal, et voici ce verset pour le prouver. » Ils sortent un passage de son contexte. C’est pourquoi nous ne devrions jamais rien fonder sur un seul verset biblique. Examinez les versets qui l’entourent. Considérez le contexte. De quoi parle-t-il ? Que dit le reste de la Parole de Dieu à ce sujet ?
La Parole de Dieu, correctement interprétée, ne nous enseignera jamais à pécher. Mais Satan la déformera. Lorsqu’un simple passage de la Parole de Dieu sert de prétexte pour justifier telle ou telle chose, ou pour se dire qu’on peut le faire une seule fois ou de façon occasionnelle, il faut comprendre qu’il s’agit d’une tactique de Satan pour pervertir la Parole de Dieu et justifier notre péché.
La même stratégie au jardin d’Éden
Satan a toujours eu recours à ces deux tactiques. Si l’on remonte au jardin d’Éden, on constate qu’il a tenté l’humanité de la même manière. Il a fait appel à nos appétits. Genèse 3.6 dit que la femme vit que l’arbre était bon à manger. C’est un appel à la convoitise de la chair. Il était agréable à la vue. C’est la convoitise des yeux : « Je veux ce fruit. Je veux manger ce fruit. » L’arbre était désirable pour acquérir la sagesse. C’est l’orgueil de la vie.
Dans ce même contexte, au jardin d’Éden, Dieu avait dit à Adam : « Ne mange pas du fruit de cet arbre, sinon tu mourras. » Il s’agissait d’un seul arbre : « Ne mange pas du fruit de cet arbre. » Satan vint et demanda : « Est-il vrai que Dieu a dit qu’il ne fallait toucher à aucun des arbres du jardin, sous peine de mort ? » Il commença à déformer la Parole de Dieu et à lui faire dire des choses qu’il n’avait jamais dites, jusqu’à ce que l’humanité, devenue si pervertie et confuse, cède à ses désirs pécheurs et s’éloigne du plan de Dieu.
C’est tout ce que fait Satan. Nous devons nous méfier de lui et de ses ruses. Nous devons rester vigilants, mais sans pour autant lui accorder trop de crédit. Ce sont ses tactiques. Elles sont constantes dans toute l’Écriture : faire appel à ces trois appétits et tordre les Écritures pour nous convaincre que le péché est acceptable.
Lorsque nous commençons à reconnaître ces tactiques, et que nous marchons avec le Seigneur dans la puissance du Saint-Esprit, il devient plus facile d’identifier ce que fait Satan : « Non, je sais ce que tu fais. Je sais ce que tu me fais miroiter. Je sais ce que tu déformes pour le rendre acceptable, et ça ne marchera pas. » Reconnaître sa stratégie facilite la résistance à la tentation lorsqu’elle se présente.
Jésus a triomphé là où nous échouons
Jésus nous donne l’exemple car il a triomphé là où tous les autres ont échoué. Il a vaincu toutes ces tentations, notamment en s’appuyant sur l’autorité de la Parole de Dieu.
Si vous lisez la même traduction que moi, vous verrez les paroles de Jésus en rouge tout au long de ce récit, et beaucoup sont en majuscules car elles citent l’Ancien Testament. Certaines traductions peuvent présenter cela différemment. Au verset 4, Jésus répond à la tentation de transformer la pierre en pain en disant : « Il est écrit : « L’homme ne vivra pas de pain seulement. » » (Deutéronome 8.3).
Lorsque Satan dit : « Adore-moi, et tout cela t’appartiendra », Jésus répond au verset 8 : « Il est écrit : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu le serviras lui seul. » » (Deutéronome 6.13). Lorsque Satan lui ordonne de se jeter à terre et va jusqu’à déformer les Écritures pour tenter de le convaincre, Jésus répond au verset 12 : « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » (Deutéronome 6.16).
Que fait Jésus ? Il cite les Écritures, et il les cite dans leur contexte. Jésus peut le faire parce qu’il est Dieu et qu’il connaît parfaitement les Écritures. Mais c’est aussi une leçon pour nous : nous devons suivre son exemple et nous familiariser avec la Parole de Dieu.
Notre Souverain Prêtre sans péché
Mais plus important encore — et je ne veux pas donner l’impression que connaître la Parole de Dieu n’est pas important ; c’est extrêmement important —, nous devons comprendre le sens profond de cette histoire. Nous devons être conscients des tactiques de Satan et connaître suffisamment la Parole de Dieu pour nous appuyer sur son autorité face à la tentation. Mais aussi important que cela soit, cette histoire ne parle pas, en fin de compte, de Satan. Cette histoire parle de Jésus et de sa victoire.
Cette période de tentation et d’épreuve faisait partie du plan du Père pour lui et pour nous, car cette épreuve le préparait à exercer son ministère auprès de nous en tant que grand prêtre sans péché. Jésus est celui qui peut intercéder en notre faveur auprès du Père. Hébreux 4.15 dit : « Nous n’avons pas un grand prêtre qui ne puisse compatir à nos faiblesses. » Notre Souverain Prêtre, celui qui nous unit au Père, comprend vos faiblesses.
Il comprend les tentations auxquelles vous êtes confrontés. Il comprend les attaques que Satan a lancées contre vous, qu’il lance actuellement ou qu’il lancera jusqu’à votre mort. Il comprend tout cela car Il l’a vécu lui aussi. Le passage poursuit en décrivant Celui « qui a été tenté en toutes choses comme nous ». Il a subi les mêmes tentations.
Mais la grande différence entre Lui et nous se trouve dans les derniers mots d’Hébreux 4.15 : « sans péché ». Il a subi toutes les tentations que vous et moi subissons, mais Il n’a jamais péché. Cela signifie que nous avons un Souverain Sacrificateur, Jésus-Christ, qui comprend nos faiblesses et les attaques que nous subissons car Il les a vécues lui aussi. Mais nous avons aussi un Souverain Sacrificateur qui a vaincu ces tentations et qui a triomphé du péché.
C’est pourquoi il nous appelle à résister à la tentation et à lui faire confiance comme à notre Sauveur sans péché. En tant que croyants, nous devons faire les deux. Nous devons résister à la tentation. Nous ne pouvons pas dire : « Puisque Jésus a payé pour tout, tout est pardonné, alors je peux faire ce que je veux. » Si tel est notre état d’esprit, cela indique que quelque chose ne va pas dans notre cœur, et il y a de fortes chances que nous ne soyons pas nés de nouveau. À tout le moins, nous devons prendre le temps de parler de cela avec le Seigneur.
En tant que croyants habités par le Saint-Esprit, nous devrions être poussés à résister à la tentation et au péché. Mais Jésus ne nous fait pas porter tout le fardeau en disant : « Vous devez être à la hauteur. Vous devez être assez bons. Vous devez faire plus d’efforts. Vous devez le mériter vous-mêmes. » Il reconnaît que nous ne serons pas parfaits. Le but est que nous péchions de moins en moins, mais nous ne deviendrons jamais sans péché de ce côté-ci de l’éternité.
C’est pourquoi il est si important qu’Il nous ait non seulement donné l’exemple de la résistance à la tentation, mais qu’Il l’ait vaincue pour nous. Lorsque nous faiblissons, nous avons la grâce de ce Souverain Prêtre qui s’est offert lui-même pour nous, qui était non seulement le Souverain Prêtre, mais aussi le sacrifice, afin que nos péchés soient expiés.
Lorsque nous sommes trop faibles pour résister à la tentation, lorsque nous faiblissons et que nous décevons notre Père, nous pouvons trouver le repos dans Sa grâce et dans le pardon qu’Il a acquis pour nous. Le héros de cette histoire n’est pas celui qui apprend à surmonter la tentation simplement en suivant l’exemple de Jésus. Le héros de cette histoire, c’est Jésus lui-même, qui nous donne l’exemple et nous offre un refuge lorsque nous faiblissons. Jésus-Christ a vaincu la tentation ici, et il a vaincu le péché sur la croix en le payant pour nous une fois pour toutes.
Confiance en la victoire du Christ
Puisqu’il est mort pour nos péchés et est ressuscité pour le prouver, si nous avons confiance en lui pour notre salut, nous sommes pardonnés et notre péché est effacé. Nous avons une confiance totale dans ce que Jésus-Christ a fait pour expier nos péchés. Alors, il nous est donné de prendre notre croix et de le suivre, confiants qu’en vivant par son Esprit et en suivant l’exemple qu’il nous a donné, il nous donnera la force de résister à la tentation et de vivre de manière à le glorifier.
Mais cela commence par la confiance, non pas en notre propre bonté ou en nos propres efforts, mais en ce qu’Il a fait pour nous.